Visite de la plate-forme Rolland Bois - 31/1/2026

L’historique

Lors de l’AG de Septembre dernier, il y a eu un vrai débat entre les sociétaires de NID’énergies. Le sujet ? Le bois-énergie. Et au-delà de la question théorique concernant le caractère réellement renouvelable et soutenable à grande échelle du bois-énergie, l’interrogation concernant les pratiques de la filière bois s’est retrouvée au centre de la discussion. En gros,

1) est-ce que des arbres sont coupés spécifiquement pour être brûlés ?

2) pourquoi il y a des coupes à blanc (ou coupes rases) alors qu’elles défigurent nos paysages, abîment les sols forestiers, et sont néfastes pour la biodiversité ?

Forestener garantit un bois local pour l’alimentation des chaufferies que la société exploite, et c’est déjà très bien. Mais concrètement, comment se fait l’approvisionnement ? Nous avions besoin de voir ça alors nous sommes allés visiter la plate-forme de l’entreprise Rolland Bois.

Le 31 Janvier dernier, une douzaine de personne se sont donc retrouvées à Diémoz pour découvrir l’histoire de cet entreprise de 15 salariés, son modèle économique (les travaux forestiers pour de petits propriétaires), ses sources d’approvisionnement (à moins de 50 km), ses pratiques forestières, pour visiter la plate-forme de 2500 m² et comprendre les différentes étapes du process qui transforme une partie de la matière première en combustible de qualité, c’est à dire avec un taux d’humidité spécifique (et c’est là toute l’expertise).


 

Pour répondre à la première question :

Pour la filière forestière, il y a 3 niveaux de valorisation du bois, du plus au moins rentable actuellement : 1) le bois d’oeuvre, 2) L’emballage, 2) Le bois-énergie. Ainsi le bois-énergie ne devrait pas être la priorité d’une opération de coupe. Le bois-énergie est majoritairement issu des résidus de coupes, c’est à dire tout ce qui n’a pas pu être valorisé autrement. On parle donc des branches mais aussi des troncs trop tordus des taillis et des troncs trop abîmés pour être transformés. Mais si la parcelle ne comporte que des taillis (chataignier, robinier/accacia) alors la destination unique du bois récolté est d’être brûlé. Malheureusement, on sait aussi qu’il existe des exemples où de belles forêts sont coupées pour alimenter des centrales/chaufferies gigantesque comme celle de Gardanne.

 

Il y a plusieurs réponses à la seconde question (les coupes à blanc).

- Faire une coupe rase est trois fois plus intéressant économiquement que de pratiquer une coupe d’éclaircie. Cette dernière suppose des parcelles suffisamment grandes pour amortir les coûts fixes des travaux forestiers. Mais à cause du morcellement successif des parcelles de forêt, celles sont souvent très petites…

- Les taillis (petits arbres multiples issus de repousses) sont systématiquement coupés à blanc.

- Beaucoup de petits propriétaires de parcelles forestières ne s’intéressent pas à la gestion de leur bien. S’ils coupent, ça serait souvent pour payer leurs impôts. Alors ils font au plus simple d’autant qu’ils font ce qu’ils veulent. Il n’y a pas d’obligation à mettre en place un plan de gestion pour les parcelles de moins de 20 ha.

 

Au final, on a vu une plate-forme performante, moderne soucieuse de fournir des produits qualitatifs, on beaucoup entendu parler d’économie, mais très peu d’écologie et de biodiversité.

Si vous voulez vous faire un avis plus abouti sur la solution « bois-énergie », nous vous invitons à lire ou écouter (30 minutes) l’article très fouillé à ce sujet réalisé par le média Bonpote : https://bonpote.com/se-chauffer-au-bois-est-il-ecolo/